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Contrat saisonnier Espagne en 2027 : conditions, visa et retour obligatoire

Illustration : travail saisonnier en Espagne
Travailler à l'étranger 10 min de lecture Lu 5 fois Mis à jour le
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Par la rédaction Je Travel

Le contrat saisonnier en Espagne repose sur une autorisation valable quatre ans. Elle te laisse pourtant travailler neuf mois au plus par année civile, selon les textes en vigueur au 31 octobre 2026.

Tu te demandes : « Puis-je postuler seul ? », « Mon pays est-il admis ? », « Qui paie le voyage ? »

La vérité ? Ce n’est pas toi qui déposes la demande d’autorisation, c’est l’employeur espagnol, et la sélection dans ton pays doit rester gratuite. Voici ce que disent le règlement de 2024 et l’arrêté de 2026.

CE QUE PERSONNE NE T’A DIT

Le texte interdit à toute autorité et à tout intermédiaire de te faire payer pour participer à la sélection (article 113 du règlement). Si quelqu’un te réclame de l’argent pour « réserver ta place », il sort du cadre prévu.

Le contrat est aussi « fijo-discontinuo » : à durée indéterminée, mais discontinu. L’employeur doit te rappeler chaque année si les conditions restent remplies, et tu dois rentrer chez toi chaque année.


1. Contrat saisonnier Espagne : ce que l’autorisation permet

Le règlement espagnol des étrangers, approuvé par le décret royal 1155/2024, s’applique depuis le 20 mai 2025. Il crée une autorisation de résidence et de travail « pour activités de saison », ouverte aux personnes de plus de 16 ans (articles 100 et 101).

Elle dure quatre ans et autorise neuf mois d’activité au plus par année civile, pour un seul employeur. Le compte suit l’année du 1er janvier au 31 décembre, pas douze mois glissants. En règle générale, elle se limite à une communauté autonome (région) et à un métier.

Tu ne dois ni résider ni te trouver en Espagne au moment de la demande (article 102). Tu reçois un visa national de résidence et de travail, pas un visa Schengen de court séjour : lis Schengen ou visa national pour la différence.

Les textes parlent d’« activité de saison » sans lister les secteurs. L’arrêté cite le secteur agricole, et son annexe IX fixe les conditions de logement dans l’agriculture. La rédaction n’a trouvé aucune liste officielle de métiers du tourisme ou des services.

2. Deux voies d’embauche : sélection collective ou demande individuelle

La première voie s’appelle la « gestion collective des embauches en origine », ou GECCO. L’employeur présente une offre d’au moins 10 postes, seul ou avec d’autres, et des commissions sélectionnent les travailleurs dans leur pays.

Dans la seconde, l’employeur demande l’autorisation pour une personne hors d’Espagne. Il s’adresse au bureau des étrangers (« oficina de extranjería ») de la province du lieu de travail et joint une copie de ton passeport (articles 77 et 103).

Comparatif : les deux voies côte à côte

CritèreSélection collective (GECCO)Demande individuelle
Taille de l’offre.10 postes au minimum, cumulables entre employeurs.Aucun minimum fixé par le règlement.
Choix des candidats.Commission dans ton pays, gratuite pour toi.L’employeur désigne la personne.
Dépôt avant le début.3 mois au moins (offres génériques).2 mois au moins.
Visa.Demandes groupées ; délivré en 5 jours ouvrés, 15 au plus.À demander dans le mois ; réponse sous 1 mois.

Sources : décret royal 1155/2024 (articles 40, 77, 103, 121 et 122) et arrêté ISM/1547/2025 (articles 2, 19 et 28), consultés le 31 octobre 2026.

Une offre collective est « générique » quand les noms sont inconnus au départ, « nominative » quand l’employeur désigne les personnes. La situation de l’emploi en Espagne doit aussi permettre l’embauche, sauf pour les métiers de la prévision annuelle (article 102).

3. Quels pays sont concernés ? La liste de l’arrêté 2026

L’article 19 de l’arrêté ISM/1547/2025 oriente « de préférence » les offres vers certains pays. Huit ont signé un accord avec l’Espagne : Colombie, Équateur, Maroc, Mauritanie, Ukraine, Honduras, République dominicaine et Guatemala.

Il cite aussi des pays liés par un simple instrument de collaboration : Gambie, Guinée, Guinée-Bissau, Cap-Vert, Sénégal, Mali, Niger, Mexique, Salvador, Philippines, Paraguay et Argentine.

« De préférence » ne veut pas dire « exclusivement ». La Direction générale de la gestion migratoire peut orienter des offres vers d’autres pays, si la participation reste gratuite. Un pays absent de la liste n’est donc pas exclu par le texte.

Combien de postes ? L’article 1 prévoit seulement qu’une « prévision annuelle » peut être approuvée. Le texte publié au BOE, le Journal officiel espagnol, ne donne aucun chiffre : non confirmé au 31 octobre 2026. Cet arrêté expire le 31 décembre 2026, et aucun arrêté pour 2027 n’a été trouvé.

Pour voir où l’Europe manque de bras, lis les métiers en tension en Europe.


4. Ton dossier de visa : les pièces demandées

Une fois l’autorisation accordée à l’employeur, la demande de visa se dépose au consulat d’Espagne dans un mois (article 40). Dans la voie collective, l’employeur dépose les demandes de toutes les personnes ensemble. L’article 38 fixe les pièces de base.

  • Un passeport : avec au moins un an de validité restante.
  • Un casier judiciaire : sans antécédent dans les pays où tu as vécu pendant les cinq dernières années.
  • Un certificat médical : il atteste l’absence de maladie à risque grave pour la santé publique.
  • La taxe de visa : à ta charge, mais son montant actuel reste non confirmé au 31 octobre 2026.

Dans la voie collective, tu signes le contrat avant d’entrer en Espagne, et il accompagne la demande de visa (article 118 du règlement). Pour classer tes pièces, lis les documents d’un visa de travail en Europe.

5. Voyage, logement et salaire : ce que l’employeur doit assurer

L’employeur organise ton voyage d’arrivée et ton retour, et en paie le coût (article 107). Une mention contraire peut figurer dans son document d’engagement : relis-le avant de signer. Il souscrit aussi une assurance maladie valable jusqu’à ton inscription à la Sécurité sociale (article 102).

Le logement doit être adéquat (article 109). Il est proposé de préférence gratuitement. Sinon, le loyer ne dépasse pas 15 % de l’IPREM, l’indicateur espagnol de référence des aides, et loyer plus charges ne dépassent pas 22 %. Le service public de l’emploi (SEPE) affiche un IPREM de 600 € par mois. Les plafonds font donc environ 90 € de loyer et 132 € avec les charges, selon un calcul de la rédaction.

Le salaire figure dans le contrat et respecte la convention collective du secteur. Le salaire minimum légal est de 40,70 € par jour ou 1 221 € par mois en 2026, selon le décret royal 126/2026. Tu as droit au même traitement que les travailleurs espagnols.

VÉRIFIE LA DATE

Montants relevés le 31 octobre 2026, susceptibles de changer en 2027. Relis les textes en vigueur avant de signer.


6. Sur place : inscription, carte TIE et retour

À ton arrivée, l’employeur t’inscrit à la Sécurité sociale dans les trois jours (article 103). Tu demandes ensuite, en personne, la carte d’identité d’étranger, ou TIE, dans le mois qui suit (article 101).

Tu peux changer d’employeur après trois mois d’activité si le nouvel employeur le demande à temps. Le total chez tous tes employeurs reste plafonné à neuf mois dans l’année (article 110).

À la fin de chaque période de travail, tu rentres dans ton pays. Dans le mois qui suit, tu te présentes au consulat d’Espagne, qui te remet un justificatif daté (article 8 de l’arrêté).

Les erreurs qui font échouer un projet saisonnier

PIÈGES À ÉVITER

  • Payer pour être sélectionné : la participation est gratuite, et aucun intermédiaire ne peut l’exiger.
  • Régler les papiers sur place : la demande suppose que tu ne résides ni ne te trouves en Espagne.
  • Signer sans comprendre : tu dois recevoir une copie du contrat traduite dans une langue que tu comprends, avant de signer (article 107).
  • Oublier le consulat au retour : l’autorisation peut être éteinte, et tu es exclu de la gestion collective pendant deux ans (article 9 de l’arrêté).

Le point qui fait le plus trébucher : le retour, chaque année

Le permis tient seulement si tu respectes ton contrat et ton engagement de retour. Quitter le poste sans justification, travailler pour une autre entreprise que celle autorisée ou ne pas rentrer peut te faire refuser une nouvelle demande pendant deux ans (article 104).

Le 8 juillet 2026, le Tribunal suprême a annulé l’interdiction faite aux entreprises de travail temporaire de détenir une telle autorisation (BOE du 22 septembre 2026). Vérifie donc quelle entreprise signe ton contrat. Les effets pratiques restent non confirmés au 31 octobre 2026.

À lire aussi : travailler au Portugal : ce que la loi de 2025 a changé. L’emploi en Espagne : les secteurs qui recrutent.


Avant de répondre à une offre : dans quel ordre avancer ?

  1. Ton pays : compare-le à la liste de l’article 19 de l’arrêté.
  2. L’offre écrite : demande le lieu, la durée de la saison, les heures, le salaire et les dates (article 2 de l’arrêté).
  3. Le contrat traduit : exige-le avant de signer, avec le nom d’une personne de contact (article 4 de l’arrêté).

Si tu cherches un emploi stable plutôt qu’une saison, l’arrêté prévoit aussi une « migration stable » : une autorisation initiale d’un an (article 14). Compare avec la procédure pour travailler en France et celle pour la Belgique.

Aucune démarche ne garantit une autorisation, un visa ou un rappel l’année suivante : l’administration décide, après l’employeur. Un dossier solide augmente tes chances sans jamais les rendre certaines.

Un contrat qui t’impose de rentrer chaque année convient-il à ton projet, ou vaut-il mieux viser dès le départ une voie vers un séjour durable ?

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Je Travel n’est pas une agence de visa et ne dépose aucun dossier à ta place. Cet article est fourni à titre informatif : les procédures, montants et délais évoluent régulièrement et doivent être vérifiés auprès des autorités compétentes. Je Travel s’engage sur les moyens mis en œuvre, jamais sur un résultat.

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