Effets d’un séjour à l’étranger : ce que disent les études avant de partir en 2027

Par la rédaction Je Travel
Selon la Commission européenne, 80 % des diplômés d’Erasmus+ ont un emploi dans les trois mois qui suivent leur diplôme (étude de 2019). Erasmus+ est le programme d’échanges de l’Union européenne. On en conclut vite qu’un séjour à l’étranger ouvre le marché du travail. Pourtant, la fiche de synthèse de la même étude précise que ce taux dépasse seulement un peu celui des étudiants restés sur place.
Tu te demandes peut-être : « Partir fait-il vraiment progresser ? » « Un employeur le verra-t-il ? » « Parle-t-on d’un étudiant comme moi ? »
La vérité ? Les effets d’un séjour à l’étranger existent, mais les études mélangent ce que le séjour apporte et ce que les candidats au départ avaient déjà. Voici ce que montrent les sources de la Commission européenne et de chercheurs, consultées le 31 octobre 2026, et leurs limites.
Les étudiants Erasmus se distinguaient déjà avant de partir. Dans le communiqué de la Commission sur l’étude de 2014, des tests passés avant l’échange donnent déjà des valeurs plus élevées à ces étudiants.
À leur retour, l’écart avec les autres étudiants avait augmenté de 42 % en moyenne. Le séjour a donc un effet mesuré, mais il s’ajoute à un profil que tous les candidats n’ont pas au départ. Quand un récit affirme « le voyage m’a changé », une part du changement vient peut-être de la personne qui voyage.
1. Les effets d’un séjour à l’étranger : qui les a mesurés, et sur qui ?
Deux enquêtes de la Commission européenne servent de référence. La première, l’étude d’impact Erasmus (Erasmus Impact Study), date de septembre 2014. Elle a analysé les réponses de plus de 75 000 étudiants et diplômés, dont plus de 55 000 avaient étudié ou fait un stage à l’étranger.
La seconde, l’étude d’impact Erasmus+ sur l’enseignement supérieur, a été présentée en mai 2019. Elle repose sur près de 77 000 réponses d’étudiants, de diplômés et de personnels.
Ces deux enquêtes ont une limite commune : elles concernent des participants à un programme d’échange européen. Celle de 2014 a interrogé 34 pays, surtout des États de l’Union européenne, sans aucun pays africain. Elles ne décrivent donc pas ce que vit un étudiant africain qui part pour un diplôme entier.
2. Compétences et regard sur soi : ce que mesurent les tests
Pour le regard sur soi, l’étude de 2014 a testé des traits de personnalité avant puis après l’échange. Ces traits sont la tolérance, la confiance en soi, la curiosité, la résolution de problèmes, la conscience de ses forces et faiblesses, et l’esprit de décision. D’après la Commission, 92 % des employeurs interrogés recherchent ces qualités quand ils recrutent.
L’enquête de 2019 procède autrement : elle s’appuie sur ce que les étudiants déclarent. Neuf sur dix disent avoir progressé en adaptabilité, en travail avec des personnes d’autres cultures, en communication et en résolution de problèmes. Un test avant et après mesure un changement ; une déclaration mesure ce que la personne perçoit.
La fiche de synthèse de 2019 affirme qu’Erasmus+ pèse plus que d’autres programmes de mobilité sur le développement personnel et l’ouverture aux autres cultures. La Commission ajoute que plus de deux tiers des étudiants et stagiaires ont mieux compris leurs choix de carrière.
Les sources lues ne chiffrent pas le progrès en langue. Pour savoir quel niveau on te demande avant de partir, lis qui exige un test de langue pour étudier à l’étranger, et lequel choisir.
3. Emploi : ce que disent les chiffres, et ce qu’ils ne prouvent pas
Sur l’emploi, les chiffres sont plus nets que les preuves. Le communiqué de 2014 annonce que les diplômés ayant une expérience internationale ont deux fois moins de risques que les autres de connaître un chômage de longue durée. Cinq ans après le diplôme, leur taux de chômage est inférieur de 23 %.
L’étude de 2019 donne d’autres repères. 80 % des diplômés d’Erasmus+ ont un emploi dans les trois mois, et 72 % estiment que leur séjour les a aidés à décrocher leur premier emploi. Près de la moitié des stagiaires ont reçu une offre d’embauche de l’entreprise où ils se formaient, d’après l’actualité Erasmus+ du 20 mai 2019. Le taux de 80 % ne dépasse que légèrement celui des étudiants non mobiles, selon la fiche de synthèse.
Un autre effet touche à la mobilité. Selon le communiqué de 2014, 40 % des anciens Erasmus ont changé de pays de résidence ou de travail depuis leur diplôme. C’est près du double des étudiants restés sur place.
Une étude universitaire de Matthias Parey et Fabian Waldinger, parue dans The Economic Journal, cherche à isoler l’effet du séjour. Leur méthode contrôle les différences non observées entre ceux qui partent et les autres. Ils estiment qu’étudier à l’étranger augmente d’environ 15 à 20 points de pourcentage la probabilité de travailler ensuite dans un pays étranger. L’effet est plus fort pour les étudiants soumis à des contraintes de crédit, c’est-à-dire qui peinent à financer leurs études par l’emprunt.
Le chercheur Giorgio Di Pietro résume le débat pour IZA World of Labor, publication de l’institut de recherche IZA. Il relève un lien positif entre un séjour d’études à l’étranger et les perspectives d’emploi des diplômés, sans pouvoir dire si le séjour en est la cause. Des caractéristiques personnelles non observées risquent d’influencer à la fois le choix de partir et les chances sur le marché du travail, explique-t-il. La plupart des preuves disponibles sont qualitatives et issues de petits échantillons.
Comparatif : ce que chaque source établit, et sa limite
| Source | Ce qu’elle établit | Sa limite |
|---|---|---|
| Commission européenne, 2014. | Risque de chômage de longue durée divisé par deux. | Les étudiants Erasmus se distinguaient déjà au départ. |
| Commission européenne, 2019. | 80 % en emploi sous trois mois ; 72 % jugent le séjour utile. | Réponses déclarées ; taux à peine supérieur à celui des non-mobiles. |
| Parey et Waldinger, université. | Travail à l’étranger : hausse de 15 à 20 points. | Résumé centré sur le travail à l’étranger, sans chiffre sur le salaire. |
| Di Pietro, IZA World of Labor. | Lien positif entre séjour et emploi. | Lien causal non établi ; preuves souvent qualitatives. |
Sources : communiqué de la Commission européenne du 22 septembre 2014, actualité Erasmus+ du 20 mai 2019, IZA, consultés le 31 octobre 2026. Les résultats datent de 2014 et de 2019 ; aucune valeur n’est confirmée pour 2027.
4. Un séjour à l’étranger pour un candidat africain : ce qui reste à prouver
Les études lues décrivent surtout des échanges organisés par un programme européen. Elles ne mesurent pas le parcours d’un étudiant africain qui part pour un diplôme entier, avec visa, financement et pièces à fournir. Leurs chiffres ne disent donc pas ce que tu gagneras toi-même.
Deux résultats méritent pourtant ton attention. Di Pietro écrit qu’un séjour d’études à l’étranger peut améliorer l’emploi des étudiants de milieux relativement défavorisés. Parey et Waldinger trouvent un effet plus fort pour les étudiants soumis à des contraintes de crédit. Ces résultats viennent de données européennes : lis-les comme des pistes, pas comme une promesse.
Trois questions t’aident à lire n’importe quel récit ou chiffre sur les bienfaits du voyage. Qui a été mesuré, et ressemble-t-il à toi ? Y a-t-il eu un test avant et après, ou seulement une déclaration ? Le chiffre est-il comparé à des personnes qui ne sont pas parties ?
Les sources lues ne chiffrent ni le visa, ni le budget, ni les premières semaines loin de chez toi, qui pèsent pourtant lourd dans ton projet. Relis les erreurs à éviter avant de partir étudier à l’étranger et regarde les bourses d’études en Europe réellement ouvertes aux étudiants africains. Avant de compter sur un stage ou un job, vérifie les limites du travail avec un visa étudiant, pays par pays. Si tu hésites encore à partir, l’article sur les raisons d’envisager des études à l’étranger quand on est africain traite les motivations plutôt que les effets mesurés.
Que peux-tu vérifier avant de croire qu’un séjour à l’étranger va t’aider ?
Les chiffres cités datent de 2014 et de 2019 : ce ne sont pas des valeurs de 2027. Vérifie s’il existe une étude plus récente avant de t’appuyer sur un pourcentage, et note toujours sa date.
- Un chiffre sans comparaison : 80 % d’emploi en trois mois, à peine plus que les étudiants non mobiles.
- Un profil pris pour un effet : les étudiants Erasmus se distinguaient déjà avant de partir.
- Une opinion prise pour une mesure : 72 % jugent leur séjour utile, ce qui reste un avis déclaré.
- Une étude européenne appliquée à ton cas : l’enquête de 2014 couvre 34 pays, sans pays africain.
- Un effet attendu sans dossier solide : visa, budget et pièces restent à préparer.
Un séjour à l’étranger doit-il être jugé sur ce qu’il rapporte à l’emploi, ou sur ce qu’il change chez celui qui revient ?
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